Comment aider bébé à faire ses nuits ?



Même si on dit souvent que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, avant de devenir maman, je protestais fièrement le contraire. J’étais une de ces personnes qui faisaient une agréable grasse matinée le week-end et qui étaient ensuite impatiente de retrouver ce compagnon à l’amour inconditionnel et silencieux : mon lit, pour une bonne longue sieste.

Puis, il y a un peu moins de deux ans, je donnais naissance à ce petit être, parfaitement inintelligible, bruyant et extrêmement fatiguant qui s’est mis à compter sur moi pour sa survie. Oui c’est vrai, je l’admets, contrairement à nos grands-parents, nous disposons aujourd’hui d’une littérature abondante et de conseils pléthoriques sur les gestes à adopter pour s’occuper de ce nouveau-né avec soin et bienveillance. Pourtant, devant le défi de concilier mon besoin de sommeil et le rythme de bébé, je me suis sentie souvent bien gauche et pleine de doutes. Comment aider mon enfant à faire ses nuits ?


Ma fille a maintenant 21 mois et j’ai un peu plus de recul. Elle fait ses nuits depuis qu’elle a 4 mois et a parfaitement intégré la routine de la sieste et le petit rituel du coucher du soir. Je vous rassure, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain mais en essayant toutes les solutions qui m’ont semblées bonnes et en accord avec ma vision du bien être de l’enfant. Je vous les partage aujourd’hui, en espérant permettre à certains d’entre vous de vivre cette période plus sereinement.


Tout commence pendant ma grossesse
Je crois que la façon dont nous vivons notre grossesse a une influence sur le comportement de notre bébé. Pendant la grossesse, notre enfant est connecté à nos sécrétions hormonales qui varient selon les émotions que nous ressentons : joie, angoisse, stress, bien-être… Lorsque nous stressons, nous sécrétons du cortisol (hormone du stress) qui peut ensuite se retrouver en plus ou moins grande quantité dans le sang de notre bébé, ce qui ne favorise pas la sérénité de l’un et l’autre. De nombreuses études réalisées ces dernières années montrent qu’un stress aigu durant la grossesse peut avoir des répercutions dans les domaines cognitifs, émotionnels et comportementaux de notre enfant (lien des études en fin d'article).

Je vous rassure, je n’ai pas vécu comme une recluse pendant cette période pour m’éviter tous les stress du quotidien ou toutes les inquiétudes liées à l’arrivée de mon premier enfant. J’ai plutôt adopté la philosophie du « verre à moitié plein ». J’ai en plus eu la chance de pouvoir m’arrêter de travailler à 5 mois de grossesse. J’ai donc mis ce temps à profit pour prendre soin de moi, me balader dans des lieux que j’aime, lire des livres qui me font du bien, regarder ces films qui me font rire, me délecter de mes plats préférés (sans me soucier de mes hanches) et prendre le temps de discuter avec ces amis qui savent m’apaiser. Bref, si il y a bien un moment dans notre vie ou nous pouvons nous la couler douce sans culpabiliser, c’est bien celui-là, on sera en plus deux à en profiter !


Aider mon enfant à distinguer le jour de la nuit


L’une de mes erreurs a été d’espérer secrètement que ma petite fille fasse ses nuits dès notre sortie de la maternité. Et plus les semaines s’écoulaient, plus je m’inquiétais que mon bébé n’ait besoin que de quelques heures de sommeil la nuit pour être en pleine forme la journée. En lisant « Un sommeil paisible et sans pleurs » d’Elisabeth Pantley, j’ai appris que c’est seulement aux alentours de 3-4 mois qu’un bébé est physiologiquement prêt à faire ses nuits. Eh oui, ma fille avait besoin d’un peu de temps pour  acquérir le rythme de sommeil d’un adulte, d’autant plus que lorsqu’elle et moi n’étions qu’UN, elle vivait, dormait et mangeait à son gré, sans faire de distinction entre le jour et la nuit. Et là, ce fût un soulagement ! C’était donc normale cette période de sommeil irrégulier.

La première chose que j’entrepris fut donc de l’aider à différencier le jour et la nuit de la manière suivante :
- Nous avons investit dans le berceau Babybjörn, très léger et compact, qu’on plaçait tantôt dans notre salon pour ses siestes, tantôt dans la chambre pour le coucher du soir.
- La nuit : le change et les biberons se déroulaient sous une lumière tamisée, avec des gestes lents et dans le silence.
- En journée : nous faisions de longue promenade ; prenions le goûter et parfois faisions la sieste au parc ; Il nous arrivait d’aller prendre un café avec des amies. Tout ceci pour qu’elle entende le chant des oiseaux, les autres enfants jouer, le bruits des voitures… qu’elle entende la vie !


Lui donner de bonnes habitudes
Le bébé a besoin de routine pour se sentir en sécurité. Ces gestes répétés quotidiennement par nous, parents, vont lui apporter une prévisibilité et lui donner des repères dans la vie à la maison. Un enfant qui est donc habitué à dormir au sein/biberon ou dans les bras, réclamera sa tétée ou demandera à être bercé avant de s’endormir et voudra retrouver cette même situation à chaque micro-réveils nocturnes, d’où l’importance d’apprendre à poser bébé dans son lit et l’aider à s’endormir par lui-même. Si bébé n’aime pas du tout l’idée d’une sieste dans son joli berceau, l’emmailloter avant de le coucher est une technique qui fonctionne bien : l'emmailloter avec un lange ou une couverture d’emmaillotage (de Red Castle par exemple) a l’avantage de le contenir et d’éviter le reflex de Moro.

J’ai eu beaucoup de chance car ma fille a toujours accepté de dormir dans son lit. Lors de ces deux réveils nocturnes pour manger, elle se rendormait sans sourciller. Les moments les plus compliqués étaient le premier coucher du soir. Elle nous réclamait par des pleurs et il n’était pas question pour nous de pratiquer la méthode 5-10–15. Vous ne la connaissez pas ? C’est la fameuse méthode qui consiste à laisser pleurer votre enfant pendant 5 minutes avant d’aller le voir pour le consoler. Si l’enfant ne s’endort pas et pleure à nouveau, on attend 10 minutes. Et si il y a une 3ème fois, il faut patienter 15 minutes.

Or, il est prouvé aujourd’hui que si un bébé pleure, ce n’est pas pour faire des caprices (ce n’est qu’aux alentours de ses 2 ans – 2 ans et demi qu’on peut parler de caprices) mais simplement pour exprimer ses besoins primaires (manger, être changé, être rassuré, être câliné…). De nombreuses recherches scientifiques sont formelles : pendant ses séances d’entraînement aux pleurs, un nourrisson produit du cortisol, hormone qui a des effets très néfastes sur le jeune cerveau en développement. C’est la résignation qui pousse le nourrisson à arrêter de pleurer et non l’apprentissage. Je vous conseille à ce sujet le livre de la Pédiatre Catherine Guegen, « Pour une enfance heureuse, repenser l'éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau ».

Nous répondions donc à chacun des appels de notre fille en la prenant dans nos bras, en lui chantant des comptines, en la massant autour du nombril dans le sens des aiguilles d’une montre pour calmer ses petits bobos liés à la digestion. Une fois la petite angoisse passée, elle finissait toujours par se calmer et s’endormir.


Instaurer un rituel pour le coucher du soir
Aux alentours de ses deux mois, le sommeil de ma fille a commencé à se réguler en journée. Elle faisait désormais 2 siestes dans la journée et continuait à se réveiller 2 fois par nuit. C’était donc pour nous, le bon moment pour instaurer sa routine du coucher. A 21 mois, voici comment se déroule son rituel du coucher: 
1- Le bain, le dîner suivi d’un un petit moment de digestion en famille.
2- Brosser les dents et faire un tour sur son pot car depuis peu, ma fille est propre et ne met plus de couche en journée. Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain article.
3- Séance de lecture ou comptines dans sa chambre
4- La journée se termine en lui souhaitant une bonne nuit sans oublier de faire un câlin à doudou aussi


Si vous êtes une maman dont les difficultés de sommeil de son bébé deviennent trop difficile à gérer, n’hésitez pas à vous inspirez des expériences des autres, à demander de l’aide à votre pédiatre, à vous ouvrir aux conseils bienveillants, du moment que ces solutions restent en accord avec votre vision des choses. Ne culpabilisez pas de trouver cette situation horriblement difficile et épuisante parce que la pression sociale voudrait qu’une maman gère tout d’une main de maître. Ne vous en voulez pas non plus de laisser pleurer votre bébé quelques minutes (parce que vous êtes à bout), le temps de retrouver vos esprits. Instaurez un système de rotation le week-end avec votre conjoint : c’est l’occasion pour celui qui sera de  garde d’être en tête à tête avec bébé, de faire une longue promenade avec lui, une activité (piscine, passer un moment gourmand dans un café…) et laisser l’autre dormir et reprendre des forces.

Et vous, comment ça se passe chez vous ?
Echangez et partagez en commentaire votre expérience, vos conseils et astuces pourront peut-être sauver les nuits d’autres parents qui vous lirons.


Etudes:
Le stress périnatal et son influence chez l’enfant : Institut National (Français) de la Santé et de la Recherche Médical


Rédigé le  8 fév. 2018 9:30 dans Mes Astuces de Maman  -  Lien permanent

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article.

Laisser un commentaire

Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.
Votre commentaire
Votre nom *
Votre Email *
URL de votre site