L’accompagnement de l’autonomie de l’enfant dans sa propreté


Les professionnels de la petite enfance sont unanimes : l’acquisition de la propreté chez l’enfant n’est possible que si ce dernier a atteint une maturité physique et psychologique suffisante. En effet, son système neurologique doit être suffisamment abouti pour qu’il puisse contrôler ses muscles du bas du corps, notamment les sphincters (muscles permettant l'ouverture de l'anus et de l'urètre). L’indice qui nous est donné, à nous parents, comme signe de cette maturité est le moment où l'enfant est capable de monter et descendre un escalier tout seul. 


Il doit également avoir conscience de son corps dans sa globalité : être en mesure de comprendre de lui-même, le lien de cause à effet entre ses sensations (envie de faire ses besoins), le pot, et le résultat de la sensation initiale (urines, matière fécale). Plus encore que cette maturité psychologique, l’enfant doit atteindre une maturité affective qui correspond à son désir de devenir « grand » (en imitant ses parents et/ou ses aînés aux toilettes),  à sa capacité à se faire comprendre (pour demander le pot par exemple) et sa faculté à comprendre ce que, nous parents, attendons de lui (qu’il veuille nous faire plaisir par exemple). Comme l'explique la psychologue Emmanuelle Rigon, auteure de La propreté : « C'est l'envie de maîtrise et d'autonomie qui va amener l'enfant à être propre ».

Voilà ce qui est de la théorie. Mais concrètement, comment accompagner son enfant dans cette nouvelle étape importante dans la quête de son autonomie ? Je vous partage mon expérience, faite d’essais et d’erreurs, mais qui a toutefois permis à ma fille de se passer de couches à ses 22 mois, le jour comme la nuit.


Observer l’enfant et repérer les signes


Je vous parle souvent de période sensible chez l’enfant dans la pédagogie Montessori. Ces périodes durant lesquelles, l’enfant va développer presque inconsciemment et sans effort, une nouvelle capacité ou absorber de manière rapide, facile et solide un nouvel apprentissage. Celle de la propreté se situe entre 12 mois et 2 ans. Si nous la laissons passer, apprendre à utiliser le pot ou les toilettes sera plus compliqué.

Comment j’ai su que ma fille était prête ?
Bien que nous préférons la saison estivale pour débuter l’apprentissage de la propreté (vêtements plus faciles à retirer, voir pas de vêtements du tout…), mieux vaut observer son enfant et découvrir les signes qu’il est prêt à amorcer ce pas de plus vers son autonomie. 

Aux alentours des 12 mois de ma fille, je l’ai impliqué au moment de changer sa couche. Je l’invitais à m’aider à la détacher et lui nommait le contenu de celle-ci: « ooh, tu as fait pipi/popo ! ». Et quand elle a eu 16 mois environ, elle a commencé à sentir ses envies. Elle m’interpellait pour me faire comprendre qu’elle avait fait popo, manifestant par là, son envie de ne pas garder une couche souillée. A ce moment, j’ai su qu’elle était prête.


Première tentative

Quand elle a eu 18 mois, on a décidé, mon mari et moi, de lui proposer le pot. Nous avions préparé un petit coin à elle dans la salle de bain, avec son pot (nous avions choisi le Pot Fauteuil de BabyBjörn), un panier avec quelques livres et du papier toilette. Après lui avoir expliqué l’usage de ce nouvel arrivant dans la maison, nous le lui proposions régulièrement afin de créer des repères et des habitudes : à son réveil, avant et après les repas, avant et après la sieste, avant de sortir et avant de se coucher.

Peut-être que cette méthode a marché ou marchera pour votre enfant mais chez nous, ce fut un échec total. Elle refusait la plupart du temps d’aller sur le pot et quand elle acceptait d’y aller, elle le confondait avec un fauteuil et passait donc son temps à feuilleter ses livres. Au bout d’une semaine, nous avons décidé d’arrêter et faire une pause, d’autant plus que cela commençait à mettre de la tension entre notre fille et nous.


Méthode dite « sans filet »


Nous avons laissé passer 2 mois environ avant de reprendre notre apprentissage de la propreté. Mais cette fois-ci, nous avons préparé le terrain avant de lui proposer à nouveau le pot. Nous lui avons offert le livre J’y vais ! de Mathieu Maudet, livre qu’elle a tout de suite adopté. C’est l’histoire drôle d’un petit oiseau qui va sur son pot, d’un pas décidé et visiblement déterminé. En chemin, il va croiser presque toute sa famille et ses amis, et chacun y va de sa recommandation. A lire les conseils de son entourage, on pourrait penser qu'il s'engage pour une véritable expédition !

    


Après l’avoir familiarisé avec l’utilisation du pot à travers ce livre, nous sommes allées faire du shopping entre filles. Nous avons acheté de jolies culottes « comme maman », culottes qu’elle a elle-même choisi. Le lendemain, je lui ai mis l’une des culotte en lui expliquant que maintenant elle était grande fille, que comme maman, elle ne mettrait plus de couches mais des culottes, et qu’elle devait utiliser le pot pour ses besoins. Alors qu’elle était en train de jouer, ma louloutte a fait pipi sur elle. J’ai lu dans ses yeux toute l’incrédulité d’avoir senti couler ce liquide chaud le long de ses jambes. Et quelle surprise de découvrir cette sensation désagréable de culotte mouillée et constater que cela avait également atteint le parquet. Je l'ai tout de suite rassuré et lui ai proposé d'aller sur le pot.

Cette méthode a bien sûr entraîné de nombreux accidents tout le long de la journée, le temps qu’elle établisse une relation entre ses sensations et le résultat dans sa culotte. Le temps aussi qu’elle comprenne qu’il est nécessaire d’arrêter de jouer ou de faire une activité pour aller sur le pot. Pour ne pas que ces accidents la destabilise et l’amène à perdre confiance en elle, je l’ai beaucoup encouragé, rassuré et complimenté pour la motiver à persévérer. Les premières réussites sur le pot étaient quant à elles « fêtées » comme il se doit avec des « Bravo », « tu es une grande fille maintenant »…

Au bout de 4 jours, elle a été propre toute une journée, puis les jours qui ont suivi. Cependant, je lui mettais toujours une couche pour ses siestes. Au bout d’une semaine environ, j’ai remarqué que sa couche demeurait sèche pendant plusieurs siestes. On a donc entrepris de la supprimer elle aussi, en l’encourageant à nous appeler en cas d’envie d’aller sur le pot. Au bout de 10 jours, après quelques accidents (d’ou  l’important de prévoir un protège matelas ou alèse), on s’est définitivement passé de couche en journée. Pour les nuits, j’ai utilisé la même méthode deux semaines plus tard.

A 22 mois, elle était donc propre le jour comme la nuit, et est rapidement devenu autonome en journée pour aller aux toilettes. Par contre, elle a besoin que l’un d’entre nous l’accompagne aux toilettes en cas de besoins nocturnes, ce qui reste très rare.


Instaurer des routines

Pour accompagner l’autonomie de ma fille dans sa propreté, j’ai instauré des routines afin de lui donner de bonnes habitudes :
- aller sur le pot avant la sieste, avant de sortir, avant de se coucher.

- S’essuyer seule après avoir fait pipi et nous appeler en cas de selles. En effet, un enfant ne peut s’essuyer seul correctement (en cas de défécation) avant l’âge de 4 ans. Et pour les filles, c’est plus compliqué car elles doivent s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour éviter de souiller leur vulve de selles et de s’exposer à des infections. 

- Lui enseigner les bonnes techniques d’hygiène et lui rappeler qu’elle doit toujours se laver les mains après être allé aux toilettes.

Voilà pour ce qui est notre expérience ! J’espère qu’elle pourra vous aider dans cette nouvelle acquisition de votre enfant. N’oubliez pas que durant cet apprentissage, l’enfant a fortement besoin de notre soutien, de notre persévérance, de notre constance et surtout d’une bonne dose de notre patience. Chaque enfant a son propre rythme. Il s’agit donc d’observer notre bout de chou, d’être attentif aux signes nous indiquant qu’il est prêt à franchir ce pas de plus vers son autonomie ; puis de l’aider et l’accompagner et non pas d'instaurer une autorité qui irait peut-être à contre-courant de son évolution personnelle.

Et vous, comment s'est passé ce passage pour votre enfant ?
A quel âge lui avez-vous proposé le pot pour la première fois ?
Préfère t-il le réducteur plutôt que le pot ?
Pratiquez-vous la méthode HNI (Hygiène Naturelle Infantile), cette méthode qui consiste à élever son enfant sans lui faire porter de couches ?




Rédigé le  27 avril 2018 9:30 dans Mes Astuces de Maman  -  Lien permanent

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